Dans l’atelier les senteurs se mêlent, celles des bois, de la colle, des outils. On s’affaire, ici, à terminer un meuble, tantôt le casque sur les oreilles pour passer un usinage, tantôt des outils en mains pour peaufiner un détail. Ailleurs dans l’atelier un autre projet prend forme, celui-là mélange d’autres essences, avec d’autres couleurs, d’autres textures. Les bois ont une variété infinie, ils sont un véritable trésor où j’aime puiser des effets riches et subtils. Ces arbres de toutes origines sont prélevés, de part leur préciosité, avec précaution et respect.

Mais il y a avant ces phases opérationnelles, l’idée, le concept, la création. Le bois pour l’ébéniste est comparable aux tubes d’huile pour le peintre ; savoir le mettre en œuvre est inutile sans histoire à raconter.

Si la matière est déterminante au même titre que le savoir-faire, ce ne sont tous deux que des moyens. Quand le métier est prépondérant, c’est une démarche de composition et non plus de création. Quand la matière est à la base du processus, c’est une démarche esthétisante ou l’intervention d’un plasticien.

La création doit rester libre de toutes les contraintes techniques et l’inattendu est aussi important que la connaissance absolue de la matière.

La technique doit devenir inconsciente, sa connaissance doit être la plus vaste possible, sa maîtrise la plus pointue et savoir rester discrète.

Je suis ébéniste, alors je navigue avec les techniques liées au bois, on appellera cela : sculpture, tournage, marqueterie, ébénisterie, agencement ou menuiserie ; qu’importe le moyen, pourvu qu’il y ait le rêve.

mention légale